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La folie en douce
Elle est venue au fil du temps
Se loger dans un coin
De mon cerveau égaré
Elle a pris son temps, elle a pris ses aises
Pour déployer ses ailes décharnées.
Elle n’a rien dit, mais s’est blottie
Au creux de mon être, sans bruit, sans effort.
Elle a réchauffé de son silence mes cris
Enflammés, elle a brûlé de sa lumière
Mon esprit glacé.
Et puis, un jour, elle m’a abandonné.
Je me suis retrouvée, seule, nue,
Au milieu des passants horrifiés.
Je l’ai cherché, en vain, au fond
De mes entrailles déchirées, criant,
Hurlant, pour m’effondrer, hébétée
Au tréfonds de la folie.
Depuis, j’erre
Dans ce gouffre obscur des années,
Perdue, enfermée, jetée aux ordures
De l’humanité.
CLAUDY THIRY
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